lundi 12 août 2013

L'émotion du passé

Les gourmandises venaient en dernier dans l'intitulé de mon blog et je ne parle que de cuisine !!! Il est vrai que manger est un passe-temps qui revient très, très, très souvent... D'autant plus souvent que nous sommes nombreux et que les plats disparaissent bien vite. C'est aussi pourquoi je ne présente que de la cuisine simple et à la portée de tout le monde.
Aujourd'hui, changement de registre. Il y a longtemps que je voulais vous parler d'une brocante découverte au printemps, pendant un week-end sous la pluie. Nous envisagions d'aller à Bréhat mais la visibilité n'aurait pas permis de voir à 30 mètres. Il a bien fallu trouver des dérivatifs (souvenez-vous de mon précédent post "addiction"...) et entre deux crêpes au caramel de beurre salé, nous avons arpenté les ruelles de Paimpol sans grande conviction. Et c'est alors que nous l'avons vue : la caverne d'Ali Baba !
 A l'intérieur, imaginez des piles d'assiettes, des montagnes de soupières, des ribambelles de saucières, posées sur des étagères ou à même le sol dans un équilibre précaire. Tout est classé par couleur, par genre,  la vaisselle écrue, les rouges (fans de Digoin passez votre chemin, sinon gare au porte-monnaie), les verts, les bleus... 
 Vous ne savez pas où donner de la tête, les yeux ne suffisent pas, vous voulez tout toucher, soupeser, caresser, mais on peut à peine se faufiler en tenant les sacs bien serrés sinon c'est le désastre !
 Une heure est vite passée et c'est alors que l'on découvre une deuxième salle! Celle-ci est consacrée au linge ancien : du lin, du chanvre, du  kelsch ... Oh ! Misère ! Des piles de draps monogramés, de nappes brodées, des rubans, des dentelles... Dernier luxe, beaucoup de linge teinté par les soins de la passionnée qui tient cette boutique de rêve ! Je n'ai pas osé prendre trop de photos mais je le regrette car vous ne pouvez pas admirer les armoires de linge. Eh bien moi, je dis, vive la pluie qui nous a fait entrer ici ! On n'a pas vu Bréhat mais on a vu la caverne d'Ali Baba !!!
J'ai comme toujours été très sérieuse, j'ai seulement rapporté ce pot qui m'attendait tout seul et que je viens enfin de sortir du paquet pour le poser sur ma nouvelle étagère ! Il est craquant !


 Bréhat ce sera pour l'an prochain et il faudra bien prendre le bateau à ... Paimpol ! En l'attendant, et même s'il ne pleut pas, un petit détour par le "10 rue des patriotes" s'imposera...

mardi 23 juillet 2013

Le parfum de la lavande...

Chaque été, depuis la parution d'un pas à pas très bien fait dans le Marie Claire Idées n° 29 de juin 98 (!) nous réalisons des fusettes de lavande, ce qui permet de parfumer les armoires et les tiroirs tout l'hiver. C'est aussi un petit cadeau apprécié, il suffira de rouler les fusettes entre les mains pour en raviver le parfum. En Provence, où cette technique est répandue depuis des générations, on les appelle aussi bouteilles, quenouilles ou fuseaux et il n'est pas rare de voir les enfants en vendre sur les marchés. (Dans certains magasins, très chics, on vous les vend près de 20 €...) . C'est amusant et très relaxant, car  la lavande a un pouvoir doublement apaisant :  il ne s'agit pas de sauter une brindille sinon vous recommencez tout ! Je connais certains bavards qui y ont perdu  leur latin...
   Il vous faut 38 brins de lavande avec de longues tiges (le nombre ne doit pas être divisible par 4 : 34, 38, 42, 46...) que vous nouez avec l'extrémité d'un ruban de 2,50 m. (Je réutilise les rubans de mes anciennes fusettes après plusieurs années).

Vous retournez les tiges sur les fleurs, une à une, en faisant bien attention de ne pas les casser (les brins doivent être fraîchement cueillis, au bout de 48 h  il vous sera impossible de réaliser cette étape, les brins étant trop secs).
  Vous commencez le tressage en prenant 2 brins à la fois et en serrant (pas trop quand même sinon vous perdriez le côté "bombé" de la fusette).

 

 Lorsque le tressage est terminé (c'est plus difficile à la fin) vous maintenez avec une pince à linge jusqu'au lendemain, car la lavande va sécher et votre tressage deviendra lâche.
  Le lendemain (plusieurs jours, c'est encore mieux) vous retendez le ruban à l'aide d'une aiguille à tricoter, vous enroulez les tiges de façon décorative  puis vous terminez avec un petit noeud.
Si vous n'avez pas sous la main le fameux  Marie Claire Idées, (ce qui peut paraître compréhensible) voici quelques photos de la réalisation. L'article en question est disponible ici car les Editions Marie Claire l'ont réédité dans un best of sur "les fleurs". Je me suis amusée à reproduire la même mise en scène !

vendredi 12 juillet 2013

Plaisirs minuscules


"C'est facile d'écosser les petits pois. Une pression du pouce sur la fente de la gousse et elle s'ouvre, docile, offerte. Quelques-unes moins mûres, sont plus réticentes - une incision de l'ongle de l'index permet alors de déchirer le vert, et de sentir la mouillure et la chair dense, juste sous la peau faussement parcheminée. Après, on fait glisser les boules d'un seul doigt. La dernière est si minuscule. Parfois, on a envie de la croquer. Ce n'est pas bon, un peu amer, mais frais comme la cuisine de onze heures, cuisine de l'eau froide, des légumes épluchés - tout près, contre l'évier, quelque carottes brillent sur un torchon, finissent de sécher. 
Alors on parle à petits coups, et là aussi la musique des mots semble venir de l'intérieur, paisible, familière. De temps en temps, on relève la tête pour regarder l'autre, à la fin d'une phrase; mais l'autre doit garder la tête penchée - c'est le code. On parle de travail, de projets, de fatigue - pas de psychologie. L'écossage des petits pois n'est pas conçu pour expliquer, mais pour suivre le cours, à léger contretemps. Il y en aurait pour cinq minutes, mais c'est bien de prolonger, d'alentir le matin, gousse à gousse, manches retroussées."


Je ne résiste pas à recopier ces lignes de Philippe Delerm auxquelles je pense à chaque fois que je me retrouve avec mon panier de petits pois à écosser. Certains auront retenu "La première gorgée de bière", moi c'est "Aider à écosser les petits pois" ! Il faut un talent inouï pour donner à une tâche aussi simple une telle sensualité...

Dans quinze ans, combien  y aura-t-il encore de sages à qui ce texte parlera, et qui sentiront les grains glisser sous leurs doigts à la lecture de ces quelques mots ? Combien auront attendu la levée des graines, les premières pousses qui s'élèvent vers le ciel, la venue des fleurs, la formation des jeunes gousses jusqu'à la récolte finale au parfum du chèvrefeuille ? C'est si simple d'acheter un sac de petits pois congelés venant tout droit du bout du monde... Séquence mélancolie. C'est si bon d'alentir le temps.



vendredi 21 juin 2013

Aujourd'hui, c'est l'été !

J'ai longtemps hésité  avant d'intituler ce billet : avant... après ... pendant ...la pluie ou ... entre deux averses... Mais après tout, nous sommes le 21 juin !

Décidément, je n'arriverai pas cette année à vous montrer des photos de jardin ensoleillé, voici les 
dernières ...Depuis dimanche, les orages avec épisodes de grêle se succèdent avec violence en laissant 
de gros dégâts. Les gouttières ont peine à faire leur office avec ces trombes d'eau.
 

Un étang s'est formé au milieu de la pelouse. une collègue a même retrouvé des poissons échappés d'une rivière en crue dans son jardin...)
 Les fleurs lorsqu'elles ne sont pas cassées courbent le dos.
 Les rosiers sont dénudés.
 
  Dans la mesure où les seules chaussures de rigueur depuis plusieurs jours
 sont des bottes, je suis bien contente de les avoir choisies jaunes !
 (J'ai au moins ma petite touche de soleil en baissant la tête)

mardi 11 juin 2013

Le charme des épouvantails

"Un jardin sans épouvantail,
c'est comme un trésor sans gardien !"
Paroles de paysan

Quelle initiative charmante que ce concours d'épouvantails sur l'Ile de Tours à Chinon ! Eh oui, l'Ile de Tours se trouve sur la Vienne à ... Chinon !  L'exposition est maintenant terminée mais je vous propose une petite balade à travers ces adorable jardins.



 On emprunte l'unique chemin, celui des jardiniers !
Les hommes de paille ne se laissent pas si facilement approcher...
 Il faut oser affronter des portillons... 

 dignes de protéger ...
 ... des forteresses.
 Les petits jardins sont bucoliques à souhait
 Certains épouvantails (on aimerait tellement dire des épouvantaux) ont l'art du camouflage.
 
 D'autres, ont oublié leur rôle de gardien et se pavanent sur le chemin.
 Voici l'équilibriste,
regardé d'un oeil étonné par
  le bon-vivant,
  l'institutrice
  aux doigts crochus,

Timide le clown,
  le mélomane,
  l'ébouriffé,

le fatigué,
 le hippie
  la princesse,
  le prince grenouille.

Alors quel est votre préféré ? Voici les miens, tout droits sortis d'un conte merveilleux, parés de leurs plus beaux atours, ils se sont rencontrés dans ce petit jardin qui n'a rien à envier au plus beau des palais !

Ils vivent heureux et auront sans doute beaucoup d'enfants...
 Mais il est temps de quitter l'île non sans un dernier regard.

samedi 25 mai 2013

Avant la pluie...


Ma bonne copine Dominique m'a demandé pourquoi je n'avais encore rien écrit sur le jardin  alors je lui dédie ce premier article et vous présente quelques vues prises aujourd'hui ...

... entre deux averses.

 La  julienne des dames, l'armoise et l'euphorbe sont très vigoureuses.


Je profite des premiers boutons du rosier Abraham Darby car ses roses
très doubles sont si opulentes que la pluie les gâtera.

 Les pois grimpent, grimpent...


 Le purin d'ortie purine...


  Les réserves d'eau attendent le soleil !


Les pieds de tomates végètent, le basilic sous cloche grelotte.









L'oseille rivalise avec sa cousine la rhubarbe...
L'hosta invincible résiste !!!

 Tandis que les derniers plants achetés s'impatientent dans leur pot,
les escargots jouent à saute-mouton !



Il est temps de rentrer se réchauffer... au fait...
c'est bien la Sainte Catherine aujourd'hui ?...

Allez, quelques dictons d'anciens pour se donner du courage :
Mai frais et venteux
Fait l'an plantureux.

En mai la boue
Epis en août.

Quand il pleut en mai
Les vaches ont du lait.