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dimanche 13 octobre 2013

Prodigieuses créatures


"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, 
vous avez tout ce qu'il vous faut"
 Cicéron

Deux jours clouée au lit, la tête dans un étau,  la boîte de mouchoirs sous la main,  exténuée au moindre mouvement... Rien de bien original ni de bien méchant, mais pour moi, par chance, plutôt rare. Heureusement : "Etats grippaux, aussitôt O......o." Me voilà à nouveau en pleine forme ! Pendant ces "deux jours à tuer", deux femmes exceptionnelles m'ont tenue compagnie, Mary Anning et Elizabeth Philpot. Deux jours entre  parenthèses où mon esprit embrumé s'est retrouvé sur la plage de Lyme Régis, sur la côte du Dorset au milieu du XIXème.
Ce livre attendait dans la bibliothèque depuis quelques temps déjà; c'est la couverture très romantique qui m'avait attirée : deux femmes sur une plage, penchées vers le sable, à  la recherche de ...


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La lecture de la quatrième de couverture m'avait immédiatement interpelée : "Dans les années 1810, à Lyme Regis, sur la côte du Dorset battue par les vents, Mary Anning découvre ses premiers fossiles et se passionne pour ces "prodigieuses créatures" qui remettent en question les théories sur la création du monde. Très vite, la jeune fille issue d'un milieu modeste se heurte à la communauté scientifique, exclusivement composée d'hommes. Elle trouve une alliée en Elizabeth Philpot, vieille fille intelligente et acerbe qui l'accompagne dans ses explorations. Si leur amitié se double de rivalité, elle reste, face à l'hostilité générale, leur meilleure arme.
Avec une finesse qui rappelle Jane Austen, Tracy Chevalier raconte, dans Prodigieuses créatures, l'histoire d'une femme qui, bravant sa condition et sa classe sociale, fait l'une des plus grandes découvertes du XIXème siècle."
Certains penseront "des fossiles, quel ennui...", pour moi, la chercheuse, cueilleuse, chineuse, c'est tout le contraire ! Ce récit  passionnant, nous fait remonter le temps dans une atmosphère que les fans de Jane Austen ne pourront que savourer. C'est un récit à deux voix, le récit d'une belle amitié, raconté par deux femmes très attachantes dont on suit les recherches et les découvertes au pied des falaises, dans les embruns et le froid.  On s'interroge sur la place des femmes dans cette société victorienne et on s'insurge du peu de reconnaissance du milieu scientifique. Car ce roman captivant s'appuie sur des faits historiques, comme la remise en cause très dérangeante de croyances religieuses. C'est le genre de lecture qui ne vous lâche pas, qui vous  donne envie de pousser les recherches, de visiter les lieux, d'aller "voir en vrai", de se rendre dans Le Dorset, de parcourir le Museum d'histoire naturelle de Londres, puis celui de Paris. Vous devenez Mary Anning, la chercheuse de fossiles...
De Tracy Chevalier, j'avais seulement lu "La jeune fille à la perle"  mais je vais vite me rattraper et sans attendre le prochain coup de fatigue !

vendredi 12 juillet 2013

Plaisirs minuscules


"C'est facile d'écosser les petits pois. Une pression du pouce sur la fente de la gousse et elle s'ouvre, docile, offerte. Quelques-unes moins mûres, sont plus réticentes - une incision de l'ongle de l'index permet alors de déchirer le vert, et de sentir la mouillure et la chair dense, juste sous la peau faussement parcheminée. Après, on fait glisser les boules d'un seul doigt. La dernière est si minuscule. Parfois, on a envie de la croquer. Ce n'est pas bon, un peu amer, mais frais comme la cuisine de onze heures, cuisine de l'eau froide, des légumes épluchés - tout près, contre l'évier, quelque carottes brillent sur un torchon, finissent de sécher. 
Alors on parle à petits coups, et là aussi la musique des mots semble venir de l'intérieur, paisible, familière. De temps en temps, on relève la tête pour regarder l'autre, à la fin d'une phrase; mais l'autre doit garder la tête penchée - c'est le code. On parle de travail, de projets, de fatigue - pas de psychologie. L'écossage des petits pois n'est pas conçu pour expliquer, mais pour suivre le cours, à léger contretemps. Il y en aurait pour cinq minutes, mais c'est bien de prolonger, d'alentir le matin, gousse à gousse, manches retroussées."


Je ne résiste pas à recopier ces lignes de Philippe Delerm auxquelles je pense à chaque fois que je me retrouve avec mon panier de petits pois à écosser. Certains auront retenu "La première gorgée de bière", moi c'est "Aider à écosser les petits pois" ! Il faut un talent inouï pour donner à une tâche aussi simple une telle sensualité...

Dans quinze ans, combien  y aura-t-il encore de sages à qui ce texte parlera, et qui sentiront les grains glisser sous leurs doigts à la lecture de ces quelques mots ? Combien auront attendu la levée des graines, les premières pousses qui s'élèvent vers le ciel, la venue des fleurs, la formation des jeunes gousses jusqu'à la récolte finale au parfum du chèvrefeuille ? C'est si simple d'acheter un sac de petits pois congelés venant tout droit du bout du monde... Séquence mélancolie. C'est si bon d'alentir le temps.



lundi 29 avril 2013

Avant qu'il ne soit trop tard ...


Chez nous on dévore les livres !
 Il y en a pour tous les goûts, ceux qui dévorent de la  Fantasy, celles qui dévorent les histoires de vampires (beurk, dévorer des vampires), celles qui dévorent les Marc Levy, celui qui dévore les Maxime Chattam,  celle qui dévore les bleuettes-style-accroc-du-shopping, celle qui dévore les P.D. James...
Mais le plus sérieux, vraiment, c'est ... notre jeune chien ... celui qui dévore ce qui doit être sauvé

avant...qu'il ne soit trop tard ...


C'est lui le Gardien des Lettres, celui qui se bat pour la sauvegarde de la Langue Française !

Non, mais, c'est un peu fort de café ! Alors, je ne suis  ni mijaurée, ni soupe au lait, ni Sainte Nitouche mais j'en ai eu les sangs tournés ! Bien sûr, c'est pas la fin des haricots, mais s'il continue je vais sortir de mes gonds ! Ce chien a intérêt à s'acheter une conduite sinon il va changer de crèmerie !